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Alain Mabanckou est entré au Collège de France

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Il fallait être à l’heure comme « Mwinda » pour avoir une place en ce lieu où il y a bien longtemps, étudiants, nous venions écouter des pontes de l’histoire ou du droit comme Michel Foucault ou René   Jean Dupuis. Bien loin de nous était alors l'idée qu'un gosse qui a grandi dans la poussière de Pointe Noire y tiendrait la vedette des années plus tard. La salle était comble. Les quatre cent places étaient nettement insuffisants car aux côtés du  tout Paris culturel, de nombreux anonymes avaient fait le déplacement.

" En m'accueillant ici, vous poursuivez votre détermination à combattre l'obscurantisme et à convoquer la diversité de la connaissance ". c

Ce sont les premiers mots prononcés par Alain Mabanckou lors de sa leçon inaugurale au Collège de France.

 

Il fallait être à l’heure comme « Mwinda » pour avoir une place en ce lieu où il y a bien longtemps, étudiants nous venions écouter des pontes de l’histoire ou du droit comme Michel Foucault ou René Jean Dupuis. Bien loin de nous était alors l'idée qu'un gosse qui a grandi dans la poussière de Pointe-Noire y tiendrait la vedette des années plus tard. La salle était comble. Les quatre cent places ne suffisaient pas à contenir le  tout Paris culturel et les nombreux anonymes qui s'y pressaient.

Dans la foule on distinguait la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, l'académicien d'origine haïtienne Dany Laferrière et beaucoup d’autres dont Henri Lopès,  le toujours ambassadeur du Congo en France.

A ce sujet, toujours facétieux, Mabanckou a  observé.

« Quand j'invite Henri Lopes, mon grand frère, je n'invite pas l'ambassadeur (…) Je ne peux pas considérer que Henri Lopes est venu représenter le Congo. J'ai constaté la débâcle des instances congolaises qui estiment que les élections qui se passent là-bas sont plus importantesque l'entrée de la littérature africaine au Collège de France.

Auparavant il avait lancé dans la presse : "Je suis plus que jamais fâché avec le ministre de la Culture congolais qui, je le répète, est le ministre de l'Inculture". Transmis à Bienvenu Okiemy, porte-parole de Sassou dans la campagne électorale.

Plus sérieusement Mabanckou a évoqué son parcours.

"J'appartiens à une génération qui s'interroge, celle qui, héritière bien malgré elle de la fracture coloniale, porte les stigmates d'une opposition frontale de cultures dont les bris de glace émaillent les espaces entre les mots, parce que ce passé continue de bouillonner, ravivé inopportunément par quelques politiques qui affirment, un jour, que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire » et, un autre jour, que la France est « un pays judéo-chrétien et de race blanche

(…) Nous autres Africains n'avions pas rêvé d'être colonisés, nous n'avions jamais rêvé d'être des étrangers dans un pays et dans une culture que nous connaissons sur le bout des doigts (…). 

Notre salut réside dans l'écriture, loin d'une factice fraternité définie par la couleur de peau ou la température de nos pays d'origine », a-t-il conclu. 

Pour ceux qui qui voudraient aller voir notre compatriote au Collège de France, ses leçons débutent le 29 mars prochain.