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Les pitreries d’un Procureur trop cher payées

politique
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Tribune libre

Ses pourfendeurs, dont beaucoup, c’est vrai, se recrutent au sein de l’opposition mais aussi la population civile, décrivent « son » parquet comme étant à l’image de la maison qui l’abrite : dégueulasse. Tout autant que le droit lu et revisité par cet « officier depuis qu’il a été parachuté dans une institution civile, pour mettre au pas tous les emmerdeurs opposés au régime militaire. Voilà pour le portrait au vitriol dressé de celui qui incarnerait le système répressif d’un tyran dans un lieu censé dire le droit.  

 Pour ceux-là, le rituel auquel cet individu s’adonnerait serait risible. Dans sa dernière mise en scène savamment orchestrée devant un parterre de caméras du pouvoir triées sur le volet, du fin fond d’un couloir exigu, insalubre et aux murs défraichis, trônerait son désormais très célèbre pupitre du porte flingue du vieux tyran. L’homme est en mission commandée de Sassou et son clan, depuis qu’il a été bombardé « procureur de la République » au parquet de la ville. Une maison tristement connue des Congolais pour être un lieu d’expéditions punitives et sommaires des opposants plutôt que de justice. Cette fois-ci il se serait, après Jean Marie Mokoko, Paulin Makaya, OKombi Salissa et tous les autres prisonniers politiques, juré d’avoir la tête d’un autre emmerdeur, en la personne de Roland Levy Nitou, poursuivi pour menaces et injures publiques envers le très fortuné Willy Etoka.

Menaces et injures publiques, c’est tout ? Pour que l’homme que les Congolais auraient surnommé  « Fait à mon parquet », se résolve à ouvrir une enquête pour si peu, c’est qu’il n’aurait vraiment pas trouvé meilleur chef de poursuite à se mettre sous la dent. Car il s’agit de faire taire définitivement sa cible du jour, d’autant que les gros bras engagés par le sieur Etoka et facilement identifiables, n’y sont pas allés de main morte quant aux injures et menaces de mort à l’encontre de Roland Levy Nitou et les indignés du 242, dans des vidéos que l’on peut aisément se procurer sur les réseaux sociaux. De ce côté-là, l’homme de Sassou n’a rien vu. Pas étonnant. Tout ça, pour dire que le Proc, également surnommé « petit a petit b » (puisqu’il les lit également dans ses réquisitions…) dont on connait le professionnalisme et le sérieux du boulot du fait de ses accointances avec la dictature en place aurait, si seulement il avait la possibilité de faire transporter les armes en France au domicile de Roland Levy Nitou, rêvé de poursuivre ce dernier pour atteinte à la sureté de l’Etat du Sassouland. Son arme fatale, utilisée abusivement, et qui vaut à des dizaines de prisonniers politiques d’être jetés en prison, depuis le viol de la constitution en Octobre 2015 et le holdup électoral en Avril 2016.

Mais au-delà de ce cinéma contre Roland Levy Nitou, c’est toute la question des biens mal acquis par Sassou et son clan que l’on voudrait absolument étouffer. Willy Etoka peut-il justifier l’origine des fonds qui lui auraient permis d’acquérir ce château bâti sur plusieurs hectares à Versailles révélé et filmé par Roland Levy Nitou et les indignés du 242 ? C’est la question toute simple mais combien lancinante, que ces derniers étaient venus se poser au nom des Congolais terrorisés par un régime qui ne leur fait pas de cadeau et auquel appartient notre individu et dont il est le représentant légal près du Tribunal.

En réalité, c’est cette vidéo des Indignés du 242 devant le domicile en France de notre châtelain, propulsé Président Directeur Général de la société ECO OIL, peut-être du fait de sa proximité avec le fils du roi, qui aurait déclenché, sur instructions venues d’en haut, l’ire et la colère de celui qui a besoin d’en faire toujours plus et d’en mettre plein les yeux pour briller. Toutes ces prétendues menaces et injures pour justifier la fatwa lancée contre Roland Levy Nitou et les Indignés du 242, ne serait qu’un faux prétexte.

Mais qu’est ce qu’il est comique Mr « Fait à mon parquet » ! Aucun Congolais ne le prendrait vraiment au sérieux, le sait-il ? Jamais. Au grand jamais, pour paraître un tant soi peu crédible, on ne l’a vu lever le moindre doigt, ni amorcer un semblant d’ouverture d’enquête même bidon, sur la kyrielle de scandales de détournements de fonds ayant conduit le pays à la faillite, comme Panama Papers, Paradise papers, impliquant Sassou et son clan. Pas plus qu’on ne l’a entendu d’ailleurs, sur les révélations de la presse internationale quant aux biens mal acquis en France ou ailleurs de : Denis Sassou Nguesso, Christel Sassou Nguesso, Antoinette Sassou Nguesso, Edgard Nguesso, Julienne Sassou Nguesso, Willy Nguesso, etc…  

Inutile donc de nous attarder aux pitreries d’un homme payé pour pérenniser une dictature en jouant au cirque en se servant du droit, car redevable de ce système ignoble auquel lui-même appartient. Sassou et son clan lui auraient tout donné : les galons de « Colonel », le rang social, le strapontin judiciaire, le statut et le passeport diplomatique qui va avec et grâce auquel il peut se payer des voyages pour aller librement se faire soigner en France où, lui aussi, d’après certaines indiscrétions, aurait un pied à terre à Reims. Un Bien mal acquis ? Comprenne qui pourra.

Jean Jacques MORAWA

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