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La redoutable arme de Sassou : la corruption

politique
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 Et si l’on avait réussi à mettre Sassou dehors en 2015, les nouveaux dirigeants se seraient heurtés à la réalité d’une dette pharaonique incalculable. On imagine alors les réactions qui auraient suivi.

Tribune libre

Personne ne sait éradiquer une pandémie de corruption. C’est d’ailleurs ce qui mine certains Etats africains et latino-américains. Les règles du jeu ne sont ni connues d’avance, ni stables et encore moins maitrisées, dans ces Etats. Ce fléau dérègle l’ensemble du fonctionnement du pays. Avec la corruption, rien n’est garanti puisque la justice, la sécurité et la fiscalité sont elles-mêmes corrompues. Les honnêtes gens suffoquent dans un tel système où tout le monde gruge tout le monde. Au total, la vie humaine finit par être chosifiée. C’est la voie du déclin.

La Communauté Internationale finira un jour par payer au prix fort sa complaisance à l’égard du régime foncièrement corrompu et surtout corrupteur comme celui de Sassou. Comme une gangrène, il répand et propage dans le monde entier ses fâcheuses pratiques d’antivaleurs fondées essentiellement sur la corruption. L'argent du pétrole lui permet de prendre dans sa nasse les grands de ce monde et d’instrumentaliser les institutions internationales de référence : certains fonctionnaires de la Banque Mondiale, du FMI, de la CEMAC, de l’UA, certains dirigeants des plus grandes sociétés, des ministres …

Le régime de Sassou tire la communauté internationale vers le bas avec ses pétro CFA,  Le dictateur boit du petit lait , s'amuse lorsqu’il voit les mêmes dirigeants occidentaux, donneurs de leçons depuis les tribunes européennes, passer par une porte dérobée pour empocher ses millions. Les corrompus deviennent ainsi ses « obligés ». Et, ils très nombreux dans le monde entier. Alors, il peut s’endetter ou commettre des crimes. Il sait que ses « obligés » lui sauveront la mise ou, pire, fermeront les yeux.

Dans son pays, le congolais Sassou s’est arrogé tous les pouvoirs tant politiques, administratifs que militaires. Selon l’article 96 de « sa Constitution » de 2016, Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctions.

La violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison  conformément à la loi.

L’aveu prêté à Sassou selon lequel « Christine [Lagarde] ne peut rien [lui] refuser » en dit long sur l’état du monde vis-à-vis de la corruption opérée en amont par Brazzaville. Mais, Monsieur 8%  peut tenter ainsi de se donner du courage et rassurer dans le même temps certains lobbies inquiets, il n’en demeure pas moins que la situation est aujourd’hui explosive sur le plan social dans le pays.

Désormais, rares sont les organisations internationales qui n’ont pas été touchées, à un moment ou un autre,  par le virus pétro CFA venu du Congo-Brazzaville. Pendant que les habitants du Pool explosent sous les bombes larguées par le pouvoir, certains villageois espagnols, eux, ont pris l’habitude d’attendre la venue de Sassou, lequel leur distribue des coupures d’euros sans compter !

A présent, la situation financière du Congo est devenue inextricable. L’opacité de la dette du pays discrédite y compris les organismes internationaux de référence. Leur incapacité à relever les récurrentes tricheries, somme toute évidentes, de l’Etat congolais depuis tant d’années, conforte les soupçons de corruption en leur sein.

Préoccupés davantage à empocher le magot que les autorités congolaises leur proposent en guise de bienvenue, ces techniciens enfument le monde avec des rapports complaisants bourrés des données édulcorées pour des conclusions biaisées. Ainsi, plus personne n’est en mesure, aujourd’hui, d’indiquer avec exactitude le niveau de la dette du Congo.

Dominique Strauss Khan qui émarge au bureau de solde de Brazzaville à l’heure actuelle, auprès de Sassou, pourra sans doute proposer un maquillage spécial avec des circonvolutions nébuleuses afin de rendre le dossier congolais éligible. Ce sera probablement un mensonge de plus pour ces deux compères. Car, la vérité est connue de tous (le Congo est quasiment en faillite) ainsi que les éventuels remèdes du FMI reposant sur ses plans d’ajustement.

Mais l’inattendu sauveur pourrait provenir du souverain primaire lui-même : la colère d’un peuple qui, tirant le diable par la queue, finit par imposer un dénouement libérateur.

Le clan au pouvoir risque demain un réveil douloureux. Jamais un pays au monde n’a imploré le FMI d'intervenir chez lui, puisque cette institution n’est rien d’autre qu’une banque, laquelle administre des remèdes de cheval. Des remèdes qui avaient poussé les Grecs, par exemple, à la détester. Pourtant on en est aujourd’hui au Congo à supplier et à attendre avec impatience la venue des banquiers du FMI.

L’ONU qui d’ordinaire accompagne la création des nouveaux Etats, devrait-il pour une fois procéder à l’inhumation d’un pays ? Celui du Congo de Sassou. Avec une dette pharaonique, abyssale, pouvant dépasser les 200% du PIB, une corruption pandémique que personne ne sait éradiquer, un génocide dans le Pool, une répression bestiale, … et un président fossilisé au pouvoir depuis près d’un demi-siècle, le Congo actuel n’est en réalité qu’une coquille vide vivant en apnée.

Et si l’on avait réussi à mettre Sassou dehors en 2015, les nouveaux dirigeants se seraient heurtés à la réalité d’une dette pharaonique incalculable. On imagine alors les réactions qui auraient suivi.

Mais à quelque chose malheur est bon. Il revient à Sassou, l’auteur de ce marasme, de laver le pays qu’il ne cesse de souiller, fut-il avec son propre sang, et pas avec celui « des autres », avant qu’une équipe des congolais talentueux et vertueux (oui, ils existent) ne remettre le pays de nos ancêtres à l’endroit.

Abraham Avellan WASSIAMA