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Abbé Brice Ruffieux Bahouamio : " Chers Confrères dans le sacerdoce "

politique
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Depuis plus d’une année, le Congo traverse une crise profonde et sans précédent déstabilisant par ce fait tous les secteurs et institutions de notre pays. La crise est si profonde qu’elle interpelle chacun de nous peu importe son statut social. Pendant longtemps, nous, Eglise sommes restés emmurés derrière les vitraux de nos cathédrales, chérissant notre neutralité et  laissant par ce fait le peuple seul à la merci des politiques véreux et cupides. Aujourd’hui, cette pastorale de désintéressement a prouvé ses limites au point que l’Eglise plus que jamais est interpelée à descendre dans l’arène sociale et politique, pour sauver le pays car tous les acteurs civiles, militaires et politiques attendent de nous, Eglise, un coup de pousse pour les sortir de cette peur qui les paralysent et réveiller en eux cette prise de conscience patriotique innée en chaque peuple.

Oui chers Confrères, le pays nous appelle et interpelle. C’est maintenant que jamais que nous devrons agir car ce même peuple qui souffre, sont nos fidèles chrétiens, nos parents, nos amis, etc. Le Christianisme est une religion de l’action comme l’a su bien souligner Celui en qui repose notre foi, Jésus-Christ Notre Maitre et Seigneur : « Faites ceci en mémoire de moi »  (Luc 22 :19). Et la Vierge Marie à Cana ne dérogera pas à la règle : «Faites ce qu’il vous dira. » (Jean 2 : 5) Saint Jaques dans sa lettre enfoncera le clou : « Mais quelqu’un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres » (Jacques 2 :18). Tout au long de son histoire, l’Eglise n’est pas restée en marge de ce principe. Grace à son action, l’Empire Romain sera débarrassé de ces pratiques païennes comme les combats de gladiateurs et les sacrifices d’enfants.

Dans son histoire contemporaine, l’action de l’Eglise ne passera pas inaperçue. L’on se souviendra par ce fait du Mouvement solidarité en Pologne, mouvement soutenu par le Pape Jean-Paul II, et qui a réussi à mettre fin au Communisme dans ce pays. Et grande partie des pays de l’Amérique latine doivent leur salut à l’action et au courage de l’Eglise. Dans notre pays et dans un passé plus récent, l’action de l’Eglise a été aussi remarquable pendant la Conférence Nationale Souveraine dirigée par Monseigneur Ernest Kombo avec à ses côtés la Sœur Brigitte Yengo, et qui a ouvert notre pays à la démocratie.

C’est pour autant dire chers Confrères, nous ne saurons laisser la situation actuelle aux seules mains des politiciens et au peuple seul. Car toute action libératrice suscite des passions de la part du peuple et de récupération de la part des politiciens. L’histoire des nations nous enseigne qu’après la dictature vient le chaos, et les règlements de comptes. C’est pourquoi notre action dans ce mouvement de libération s’avère indispensable pour sauver le pays non seulement de la dictature mais aussi pour canaliser les passions des uns et des autres. Certainement vous me poserez la question : « Que faire alors ? »

La vérité est que dans l’Eglise souffle le Saint Esprit. Et que si nous nous décidons à faire quelque chose, le Seigneur nous inspirera la démarche à prendre. L’Eglise est aussi un foyer d’intelligences et d’hommes et de femmes de foi. Pour ma part, dans cette lutte contre l’oppression, je n’exclus pas la descente dans la rue, et par-dessus tout je n’exclus pas le martyre car c’est un attribut fondamental de notre vocation.

Respectueusement,

Abbé Brice Ruffieux Bahouamio

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